Mon calvaire

Mon "calvaire" comme je l'appelle souvent, a été et est encore le harcèlement, du CP jusqu'à la fin de ma 6ème, sachant que je passe en 5ème. Ce fléau des cours de récréation est vécu par beaucoup (trop) d'élèves. Je ne veux pas témoigner au nom de tous les élèves victimes mais juste vous expliquer ce qu'un enfant vit pendant cette période que je considère destructrice (dans mon cas).


Ce que je vais dire est certes horrible, mais témoigne malheureusement de mon vécu... Le harcèlement généralement est assez réfléchi, les harceleurs choisissent une cible, souvent un(e) camarade qu'ils considèrent comme faible ou en tout cas plus que. Moi, je suis souvent la triste élue parce que j'ai la chance et à la fois la malchance d'être une élève que tout le monde considère de brillante (je n'ai pas passé de test de QI mais de nombreux professeurs et adultes travaillant avec des enfants m'ont "dévoilés" que je suis une EIP).


Du CP jusqu'en CE2 le harcèlement n'était pas aussi dur à encaisser que ces 3 dernières années, parce que quand on est petit on est beaucoup moins cruel. En plus, entre temps les enfants ont commencé à découvrir le cyber harcèlement et c'est dans ces cas-là que je me dis que la technologie est à la fois très utile mais aussi mise entre les mains de personnes qui ne devraient pas avoir le droit de s'en servir.


Je vais vous raconter tout ce que j'ai vécu, sans vous donnez les années, juste vous les énumérer: coups, insultes ; pute, salope, connasse, sale conne, sale folle, tu ressembles à Anabelle, tu me fais peur, vas crever, suicide-toi... et j'en passe. Mais j'ai également été victime de cyberharcèlement où j'ai eu de la chance car ça s'est limité à des insultes et des menaces, mais je sais pertinemment que ça aurait pu aller jusqu'au post de photo ou à la divulgation d'informations personnelles.


Ce harcèlement qui est venu un peu comme rajouter une couche aux problèmes que j'avais déjà, m'a poussé à tenter de mettre fin à mes jours, j'ai écrit une lettre de suicide, à l'automutilation, à faire de plus en plus de crises d'angoisse et quand j'en fais maintenant ça peut aller jusqu'à des stades très élevés de symptômes que je n'avais pas avant quand j'en faisais (étouffement, malaise, perte d'équilibre et de la direction).

Une citoyenne de Les Mureaux, France

Anne-Marie Boucher