Ma dépression et la quarantaine

Ça fait déjà quelques années que je vis avec une dépression. Des fois c’est elle qui mène la game, des fois c’est moi. Mais peu importe qui mène elle est toujours là dans son petit coin de noirceur.

J’ai jamais était bonne avec le temps vide. Ma dépression a deux ennemis, trop de choses à faire et rien à faire.

Je m’explique, ma dépression est toujours dans son petit coin de noirceur dans mon cerveau, quand mon cerveau est occupé elle n’a pas le temps de s’étendre et elle doit rester dans son petit coin car il n’a pas de place pour elle. Mais quand soudainement j’ai trop de temps vide elle commence à s’étendre. Elle fait pas ça d’un coup, elle est plus sneaky que ça. Peu à peu elle commence à prendre plus de place et la noirceur s’étend comme de l’encre dans de l’eau.

Depuis qu’ils ont annoncé la quarantaine j’ai eu peur, je le savais ce que ça voulais dire pour ma dépression. Depuis le début j’ai essayé de commencer mille projets, j’ai fait de la calligraphie, du dessin, de la lecture, même des planifs. Mais quand je vous dit qu’elle est sneaky ça rentre là dedans aussi, plus la noirceur s’étends moins il reste de la place pour la concentration ou même pour l’intérêt. Soudainement rien ne m’intéresse et je ne suis pas capable de me concentrer sur rien. Donc je fais rien, donc elle continue de s’étendre.

Mais je continue d’essayer de trouver des nouvelles activités, de trouver une façon d’être sneaky moi aussi. Pour le moment ça marche pas(si vous avez des suggestions de choses à faire go crazy), mais en écrivant ceci je lui enlève un peu de pouvoir, et c’est déjà ça.

Anne-Marie BoucherCOVID