Retour à la vie

Le début de ma maladie a débuté en 1982 lorsque mon fils est décédé tragiquement à l’âge de 5 ans. Même si j’étais suivie par mon médecin, je n’ai jamais retrouvé le goût de vivre, j’avais arrêté de rire. La vie était cruelle. Une autre épreuve m’attendait en 2007 lorsque ma mère est décédée d’un cancer et une autre épreuve majeure en 2011. Je pensais que jamais je ne m’en sortirais. 

Une amie, Yvette, m’a tout simplement conseillé d’aller consulter. Elle m’a parlé de l’Éveil, un organisme dont je n’avais jamais entendu parler et pourtant je passer devant l’immeuble presque à tous les jours.

Mon premier contact a été par téléphone pour avoir des informations. Je suis donc à l’Éveil depuis septembre 2011. Pendant 2½ ans, j’ai pleuré à chaque rencontre.

Mon intervenante me parlait souvent des ateliers et je lui répondais que je n’étais pas prête, que ça ne me tentait pas. J’étais chanceuse , mes rencontres n’étaient jamais le mardi. Un certain mardi, après ma rencontre avec mon intervenante, je passais devant le local où les ateliers se faisaient et mon intervenante m’a demandé si je voulais y assister. J’ai dit oui pour lui faire plaisir. J’ai été très bien accueillie par l’animatrice, je me suis assise à l’arrière et j’ai écouté. J’avais trouvé un autre moyen de m’en sortir. Depuis ce temps, je ne manque presque jamais les ateliers. J’ai trouvé ma boîte à outils et il y en a des outils. J’ai appris à m’en servir. Il y a eu des occasions où je n’ai pas pris les bons outils pour me sortir de certains épisodes, je n’avais pas fouillé assez loin

Pendant un atelier qui eu lieu du printemps, l’animatrice nous avait parlé d’un «lâcher-prise». J’étais prête. Au mois de juillet, j’avais écrit sur un tout petit papier, tout ce que je voulais me défaire pour ne plus être triste, pour ne plus pleurer, pour retrouver ma joie de vivre. Ça fonctionnait. Pour moi, une journée sans rire c’est comme une journée sans soleil.

Mon intervenante trouvait que j’avais des facilités avec un ordinateur, elle m’a demandé pourquoi je ne m’impliquais pas. Ma réponse : je ne suis pas capable. Grosse erreur en répondant ça. J’ai tenté ma chance en faisant une demande pour faire parti du CA. J’ai été en candidature et j’ai été choisi. Je suis sur le conseil depuis 1½ an. J’aime ce que je fais, j’aime mes collègues sur le CA, je m’entends bien avec eux. Je m’implique du mieux que je peux et je suis disponible. Ce n’est pas évident pour une personne qui a toujours été en retrait, qui s’assoyait toujours au fond de la salle pour qu’on ne me voie pas. J’ai réussi à vaincre ma peur. Je fais des erreurs et je vais encore en faire, je ne suis pas parfaite. 

Il y a aussi le Marché public depuis les 3 dernières années. Cela m’a sorti de ma solitude, je vois des gens, j’ai du plaisir et je ris. J’ai toujours hâte que les jeudis arrivent.

Mes épreuves n’ont pas été faciles mais je suis sortie gagnante. Je marche la tête haute, je ris, je suis fière de ce que j’accomplis et que je vais accomplir. Depuis ce jour, je me sens bien, je suis heureuse, j’ai retrouvé ma joie de vivre, je souris (je suis une personne qui aime rire aux éclats). Je suis libérée. J’ai réglé beaucoup de problèmes. Mes épaules sont moins lourdes. 

Tous les jours, lorsque je me regarde dans le miroir, je m’aime, je m’apprécie. Merci à la vie d’avoir mis l’Éveil sur mon chemin, merci à Yvette de m’en avoir parlé. J’ai travaillé fort pour arriver à ce résultat. Aujourd’hui, je m’assoie en avant et non dans la dernière rangée. J’aurai peut-être une rechute à un moment donné sauf que je suis bien mieux équipée pour m’en sortir plus vite. Je suis sur la bonne voie et je considère que je suis guérie. L’Éveil est un organisme qui me tient vraiment à cœur.

Une citoyenne de Cowansville