Comment prévenir les suicides?

Mon fils s'est enlevé la vie six jours après avoir été renvoyé de l'urgence où il s'est adressé avec un intense sentiment de détresse et des idées suicidaires. Patient du même hôpital, il venait juste d'obtenir son congé définitif avec un traitement nouveau aux effets secondaires ( ABILIFY) Ni lui, ni nous, ses proches étions au courant des effets intolérables de sa médication. 
À l'urgence, après une attente de plus de huit heures, il a été examiné par une équipe et la psychiatre à l'urgence est passée outre ses symptômes: souffrance physique, idées suicidaires, Elle lui a demandé s'il avait des plans pour passer à l'acte, il a répondu non.

Elle lui a suggéré de s'adresser à son équipe du centre du jour, le lendemain après-midi, car elle avait jugé qu'il ne constituait pas de danger pour lui-même ni autrui. ! Elle a ajouté aussi que sa souffrance était d'ordre psychiatrique et que cela était courant chez les gens atteints de troubles psychiatriques! 
J'étais présente aux côtés de mon fils. J'ai également supplié cette docteure, ( me disant que c'était probablement une mère et qu'elle devait comprendre....) 
Nous avons été renvoyés sans aide à la maison et six jours plus tard, mon fils s'est suicidé.
Lorsque des personnes aux prises avec la détresse et la souffrance, ils ont droit d'être écoutés, pris au sérieux et retenus à l'urgence. L'aide offerte peut faire une énorme différence: elle contribue à créer un sentiment de confiance chez la personne souffrante et l'inciter au choix des bonnes solutions.

L'aide à l'urgence doit s'élargir et se diversifier: équipes de pairs aidants, de psychologues, de parents bénévoles. l'urgence doit prendre des mesures réelles et significatives dans la prévention des suicides, le passage à l'acte est très prévisible lorsqu'un patient est retourné chez lui après un sommaire questionnaire qui le considère non dangereux pour lui-même....
Enfin, les suicides sont des drames qui causent des dégâts considérables dans les familles. 


Merci de lire ce témoignage

Une citoyenne de Montréal

 

Anne-Marie Boucher